Airbus : la grève suspendue jusqu’à mardi
Samedi 1er mai 2010 // Revue de presse
Une nouvelle réunion a été proposée par la direction de l’avionneur mardi 4 mai en vue de trouver un compromis sur les salaires. Les salariés d’Airbus France ont donc décidé de cesser à 15h ce vendredi 30 avril leur mouvement de grève entamé lundi en vue d’aborder les négociations dans un climat plus apaisé.
Après cinq jours de grève, la direction d’Airbus a, en effet, infléchi sa position en proposant aux organisations syndicales une réunion mardi prochain 4 mai à 15h30 pour sortir de l’impasse. En gage de bonne volonté, elle a indiqué qu’elle ne « mettrait pas en œuvre les poursuites judiciaires envisagées suite au blocage ».
En conséquence, l’intersyndicale FO - CFE/CGC - CGT - CFDT - CFTC a décidé de suspendre le blocage de la production et la grève ce vendredi après-midi à partir de 15h : « Il est normal de donner le change dans la mesure où la direction accepte de rouvrir les négociations salariales, explique Pierre-Henri Coat, délégué syndical central CFDT Airbus Operations SAS. Nous allons donc relâcher la pression jusqu’à mardi pour voir ce qui peut être obtenu. »
Concrètement, l’intersyndicale va lever le blocus du hall C40 où sont déchargés les avions-cargos Belugas qui transportent les tronçons de l’ensemble des programmes d’Airbus d’un site à un autre. Une bonne nouvelle pour la direction d’Airbus même si elle refuse de parler d’une volte-face : « Le délai de 10 jours qui avait été décidé, lors de notre dernière entrevue avec les partenaires sociaux, arrive à échéance mardi, rappelle-t-on. Il est important de revoir dans leur collégialité l’ensemble des syndicats pour trouver une solution. »
Refusant d’en dire davantage sur d’éventuelles nouvelles propositions qu’elle pourrait formuler mardi prochain, la direction se veut malgré tout confiante sur l’issue du conflit : « Il y avait un écart entre ce que nous proposions et les revendications des partenaires sociaux. Peut-être pourrons nous trouver un terrain d’entente en revenant à la table des négociations. »
Et d’appeler, une fois de plus, les salariés à plus de raison : « Compte tenu des 1,4 Md€ de pertes en 2009 liées aux provisions sur l’A400M, nous considérons notre proposition d’augmentation salariale de 1,9 %, à laquelle s’ajoute une prime d’intéressement de 556 euros, correcte. Nous rappelons, en outre, que le cumul de la politique salariale sur les cinq dernières années représente une hausse de 18 % des salaires. »
Les négociations avaient été interrompues, alors que les syndicats réclamaient une hausse de 3,5 % pour 2010, comparable à celle obtenue en 2009, ainsi que des centaines d’embauches. La semaine de grève n’a en rien altéré les ardeurs des représentants du personnel : « Nous nous rendrons à cette réunion avec la ferme volonté d’obtenir des éléments très concrets, affirme Pierre-Henri Coat. Nous attendons que l’augmentation de salaire décolle de 1,9 %, que les bas salaires soient privilégiés, sur la question de l’emploi que les apprentis et les élèves du Lepia soient intégrés dans les effectifs et que les dispositifs P&D et Lean soient améliorés de sorte qu’ils soient moins contraignants pour les salariés. »
Soulagée d’avoir vu leur mobilisation suivie par les salariés du groupe, l’intersyndicale n’en attend pas moins les propositions de la direction avec prudence : « Si la réunion de mardi n’aboutissait pas à une réponse satisfaisante, les conséquences pourraient être problématiques, note le délégué syndical central CFDT Airbus Operations SAS. Les salariés pourraient être découragés. Le risque d’un désengagement de leur travail existe si la négociation achoppe. »
Soucieuse, elle aussi, de trouver une solution, la direction relativise toutefois l’ampleur de la crise et les conséquences financières que le conflit aura sur l’entreprise : « Il n’a pas, pour l’instant, impacté les livraisons. On a, certes, pris du retard mais les heures de travail peuvent être rattrapées sur un conflit court. »
Jean Couderc

En photo : les salariés d’Airbus devant le hall C40 du site toulousain d’où partent les Belugas
