Déclaration lue par la CFDT lors du CCE AIRBUS du 22 octobre 2009

Vendredi 23 octobre 2009 // Comité Central d’Entreprise

Situation sociale générale :

La politique d’externalisation, de délocalisation et de réduction des effectifs démontre aujourd’hui toutes ses limites. La "Responsabilité Sociale des Entreprises" n’est pas compatible avec un comportement d’ouverture internationale et d’externalisation à outrance, basé uniquement sur des considérations financières.

En effet, les nombreuses réorganisations qui se sont succédées à un rythme effréné depuis 2006 et notamment le plan ROC, ont fortement détérioré les conditions de travail.

La réduction drastique des « cols blancs » entraîne, pour nombre de cadres et managers, des sollicitations de plus en plus nombreuses, d’autant qu’elles sont associées à des obligations transnationales difficiles à intégrer rapidement.

De l’aveu même de ces personnels, ils ne savent plus où donner de la tête !

Nombreux sont ceux qui ne comprennent plus la stratégie d’Airbus ; de ce fait, le mal-être gagne peu à peu tous les secteurs de notre entreprise.

La CFDT met en garde la Direction, afin qu’elle prenne toute la mesure de la mutation qui s’opère dans les relations entre personnels. L’enquête GALLUP a d’ailleurs largement mis en exergue ce phénomène.

Airbus ne peut se payer le luxe de mauvaises méthodes de management et des réorganisations successives qui risquent de conduire à une incapacité profonde à faire notre métier d’avionneur ou, comme dans d’autres entreprises, à des actes tragiques de la part de salariés désespérés : il est temps de récréer des relations humaines dans la société.

C’est pourquoi, face à des conditions de travail de plus en plus dégradées, la CFDT revendique des embauches, tant de « cols bleus » que de « cols blancs », ainsi que la suspension immédiate de toute délocalisation.

Pour la CFDT ces deux conditions sont les seules garantes du maintien des compétences dans l’entreprise, d’une meilleure qualité de vie au travail et de notre capacité future à assurer correctement, tant nos livraisons que les nouvelles productions à venir.

Formation :

En période de crise, la CFDT considère en outre que le choix des solutions apportées face aux éventuels impacts d’une crise financière doivent passer en particulier par la Formation.

Les défis majeurs que sont l’industrialisation de l’A380 et le développement de l’A350, ainsi que la nécessité d’accompagner au mieux la relance économique doivent entraîner Airbus à réfléchir à un plan de formation adéquat et ambitieux.

La formation doit impérativement profiter des baisses de cadence possibles dans certains secteurs, afin de résoudre les difficultés récurrentes à améliorer nos process et la qualité de nos livraisons.

De plus, la croissance de notre société, devenue en quelques années une multinationale, entraîne un changement culturel. Celui-ci doit faire partie des axes prioritaires dans la politique de management et dans les relations internationales entre les salariés.

A ce titre, et compte tenu de possibles baisses d’activités, la CFDT demande à ce que les formations DIF s’effectuent sur le temps de travail et non hors temps de travail, notamment en ce qui concerne les formations langues étrangères ou différences culturelles.