Emploi : les chiffres ne sont pas bons

Vendredi 11 décembre 2009 // Revue de presse

OUEST FRANCE

vendredi 11 décembre 2009

Emploi : les chiffres ne sont pas bons

L’Insee s’est planté au troisième trimestre. Il a rectifié, hier. Le résultat est bien plus mauvais qu’annoncé.

Le pire de la crise est passé pour l’emploi ! Coup de clairon de Laurent Wauquiez, mi-novembre. Le secrétaire d’État à l’Emploi se basait alors sur les chiffres provisoires de destructions d’emplois au troisième trimestre, publiés par l’Insee. Seulement 5 500.

Patatras ! Les statisticiens de l’Institut se sont pris les pieds dans les chiffres. Et pas qu’un peu. Ce ne sont plus 5 500, mais 80 700 emplois que l’économie française a supprimés de juillet à septembre, a-t-on appris, hier, toujours de l’Insee.

Les petites entreprises pas prises en compte

Ah bon ! comment est-ce possible ? L’Institut de la statistique voudrait bien le savoir. Piteux, il avoue que son premier chiffre ne prenait pas en compte les entreprises de moins de dix salariés. Qui sont au moins un bon million à employer d’une à neuf personnes. Selon les statistiques de 2007...

Déterminé, il va mener une « expertise », sans doute confiée à des matheux pour savoir où le bât blesse si douloureusement. D’habitude, l’Insee retombe à peu près sur ses pieds entre le provisoire et le définitif. Depuis plusieurs trimestres, l’écart grandit. La crise malmènerait-elle à la fois l’emploi et les modèles mathématiques de l’Insee ?

Pour le gouvernement, c’est très gênant. Prompts à célébrer les bonnes nouvelles, voilà les ministres condamnés à revoir leurs calculs.

Au final, tout cela montre que l’amélioration spectaculaire du troisième trimestre n’était qu’un leurre. Elle était d’ailleurs regardée avec suspicion par quelques experts, car le décalage entre la stabilisation ou la reprise de l’économie et la consolidation ou l’amélioration de l’emploi sont généralement plus longs. Ce ne sont pas forcément les statistiques qui le disent, c’est l’expérience.

Hervé BABONNEAU.