Engagement des salariés, sondage GALLUP Quelles conséquences !
Lundi 15 juin 2009 // Enquêtes GALLUP
Le moral des salariés d’AIRBUS n’est pas au plus haut, mais est-ce réellement une surprise ?
Les résultats du sondage GALLUP commandé par la Direction ne sont pas fameux.
Faut-il vraiment s’étonner de résultats décevants aux questions :
· « la Direction dispose toujours d’un plan clairement établi pour exécuter rapidement les décisions prises » et « j’envisage l’avenir avec enthousiasme grâce à la Direction de ma société »
après les retards de l’A380 que nos grands dirigeants ont subitement découverts… et maintenant les errements et la facture du programme A400M ?
· « si un problème relatif à l’éthique ou au respect des règles en vigueur était soulevé, je suis sûr que mon employeur agit au mieux »
alors que les cicatrices de l’affaire des délits d’initié ne sont pas refermées et que le dossier est toujours en cours d’instruction ?
· « j’ai le sentiment de faire partie intégrante du groupe EADS »
alors qu’au moment où ce sondage a été réalisé, une participation d’environ 200 € était notifiée aux salariés d’Airbus et qu’ils apprenaient que dans d’autres BU’s d’ EADS la prime de Participation atteignait plusieurs milliers d’Euros ?
· « j’ai un(e) de mes meilleurs(es) ami(es) au travail »,
alors que la Direction à travers une discrimination exacerbée (pas d’augmentations générales pour les cadres / quotas imposés à travers P&D …) entretient une concurrence permanente entre les salariés (qui aura la rallonge ? elle/lui ou moi ?) au détriment de l’esprit d’équipe qu’elle prône par ailleurs…. ?
Pour la CFDT, faire une dépense supplémentaire de centaines de milliers d’Euros, dans le contexte économique actuel, pour faire le constat que le moral des salariés n’est pas au plus haut et qu’ils n’ont pas une vision très positive du Haut-Management, aurait pu être éviter, en privilégiant un vrai dialogue entre elle et les Partenaires Sociaux.
Notre analyse de la réalité, c’est que les salariés sont toujours attachés à l’Entreprise et à ses produits, mais qu’ils sont désorientés voire en désaccord avec les postures et certaines orientations de la Direction (filialisation/cession des sites d’Aérostructures, sous-traitance, politique d’achats, gestion du personnel…)
Le plus inquiétant, c’est qu’en réaction à ces résultats, la Direction lance un plan d’action afin « de stimuler l’engagement des employés d’Airbus » et qu’in fine la pression pour engager un plan de redressement du moral des troupes va s’exercer au niveau des hiérarchies et des salariés.
Assez de perte de temps et d’énergie !
C’est par l’exemple venant des actionnaires et du Top Management, par la définition d’une stratégie qui garantisse l’avenir de l’industrie aéronautique européenne et de son personnel que se regagneront la confiance et l’adhésion du personnel.
Toulouse le 15 juin 2009