NEGOCIATIONS SALARIALES 2010 : LES REVENDICATIONS DE LA FGMM-CFDT

Samedi 19 décembre 2009 // Salaires

Après l’emploi la question des salaires est une priorité pour les salariés de la métallurgie et pour la FGMM CFDT qui a adressé ses recommandations à ses délégués syndicaux et aux négociateurs de conventions collectives territoriales et nationales, pour les négociations annuelles obligatoires sur les salaires et primes en 2010.

Les salariés attendent légitimement des revalorisations salariales en lien avec l’évolution du coût de la vie et leur contribution à l’économie. Ils n’ont pas à faire les frais de la crise, d’autant que malgré la mauvaise conjoncture, certaines entreprises ont encore de très bons résultats. L’attractivité et l’image d’une entreprise ou d’une branche passe aussi par le statut qu’elle accorde aux salariés.

La FGMM CFDT recommande de revendiquer dans les entreprises :

- au minimum le maintien du pouvoir d’achat, par les augmentations générales, avec des mesures particulières pour revaloriser plus fortement les bas salaires ; dans le contexte de crise une augmentation du salaire de base par une somme uniforme, représente une mesure de justice sociale et de solidarité entre les catégories professionnelles ;

- de veiller à ce que le salaire de base reste la part principale de la rémunération, les autres éléments variables telle l’épargne salariale ne doivent pas s’y substituer ;

- d’encadrer les augmentations individuelles en s’appuyant sur la reconnaissance des compétences par les classifications et les salaires ;

- de corriger les écarts salariaux entre les hommes et les femmes par des plans pluri annuels, en s’appuyant sur les accords de branche conclus à ce sujet, notamment l’accord de branche signé dans la métallurgie en 2009 ;

- de traiter dans la négociation annuelle sur les salaires, toutes les catégories professionnelles, les entreprises ayant tendance à isoler les cadres pour les traiter individuellement en dehors de toute garantie collective ;

- de veiller à ce que les salariés âgés ne soient pas ignorés dans les promotions, en s’appuyant sur les accords de branche conclus à ce sujet, notamment l’accord de branche signé dans la métallurgie en 2009 ;

- de permettre l’accès à l’épargne salariale pour tous les salariés en élargissant l’obligation de négocier la participation aux bénéfices dans les entreprises de moins de 50 salariés ; L’intéressement de projet associant les entreprises sous traitantes est une piste à retenir.

Dans les entreprises dont les résultats ou les perspectives sont bons, la FGMM-CFDT recommande à ses délégués de demander plus que le maintien du pouvoir d’achat afin de pousser les employeurs à participer au soutien, voire, à la relance de l’économie par la consommation. De plus, la mise en place de dispositifs d’épargne salariale (intéressement, participation, PEE, Perco), la participation des employeurs aux dispositifs de protection sociale et une prise en charge des frais de transport, sont également des moyens favorisant le pouvoir d’achat.

Dans les entreprises qui sont en difficulté, la FGMM recommande de privilégier les mesures qui évitent les licenciements comme le chômage partiel (avec une amélioration de l’indemnisation de droit commun) et la formation, qui reçoivent le concours de fonds publics et paritaires. Des accords pluri annuels de salaire peuvent aussi s’envisager.

La FGMM CFDT revendiquera au niveau des branches de sa compétence :

- l’ouverture et la conclusion de négociations sur les minima 2010 avant la fin du 1er trimestre prochain, d’autant qu’à partir de 2010, la fixation du SMIC interviendra plus tôt, le 1er janvier ;

- des revalorisations qui intègrent des indicateurs liés aux dépenses contraintes (logement, alimentation, énergie) ;

- une attention particulière sur les coefficients du bas de grille avec des mesures corrigeant le tassement des minima à ce niveau, qui s’accentue depuis plusieurs années, pour retrouver une cohérence « salaire/classification » sur l’ensemble de la grille ;

- des revalorisations des primes (panier, vacances), notamment de la prime d’ancienneté, en rapport avec les niveaux d’évolution des prix et des autres éléments de salaires ;

- un état des lieux sur l’écart des rémunérations entre les hommes et les femmes dans la perspective de corriger les écarts constatés dans le cadre des négociations d’entreprises ;

- L’instauration dans chaque convention collective, d’une prévoyance solidaire (décès, invalidité, rente éducation), assurant une couverture sociale pour tous les salariés de la branche qui n’en bénéficient pas.