Plateforme revendicative CFDT AIRBUS en France
Vendredi 2 avril 2010 // Négociations salariales 2010
Objet : Plate-forme salariale
Messieurs les Directeurs des Ressources Humaines,
Afin d’engager les négociations annuelles 2010 et après avoir pris connaissance de la transparence 2009, nous vous communiquons les éléments de notre plate-forme revendicative que nous vous demandons de traiter lors des NAO de l’année 2010.
Cette plate-forme est développée autour des axes principaux suivants :
le maintien et l’évolution du pouvoir d’achat par des Augmentations Générales pour toutes les catégories professionnelles.
Une clause de revoyure claire et applicable afin de remédier à d’éventuels dérapages de l’inflation.
la revalorisation des bas salaires.
la reconnaissance de l’investissement individuel des salariés par des Augmentations Individuelles.
la suppression des écarts salariaux hommes/femmes.
le déroulement de carrière, pour les + de 50 ans, identique au reste de la population salariés.
l’harmonisation des statuts "cadres" et "non cadres".
I. Volume de l’enveloppe budgétaire
Les résultats économiques et industriels communiqués par AIRBUS et EADS, l’évolution des prix affichée par l’indice INSEE et les perspectives économiques inscrites dans la loi de finance 2010 nous amènent à évaluer le pourcentage global d’augmentations salariales, que nous revendiquons pour 2010, à 5% qui se décomposent :
• 2% d’Augmentation Générale pour tous les salariés
• 2% de la masse salariale utilisé pour les Augmentations Individuelles
• 1% de la masse salariale pour des Mesures Spécifiques
II. Répartition de l’enveloppe d’augmentations
Afin de consolider la cohésion sociale au sein de notre Société, la CFDT revendique une répartition de cette enveloppe globale, (conformément à l’article 7 de l’accord d’entreprise d’AIRBUS France), de la façon suivante :
1. Des augmentations générales pour tous les salariés dès le 1er janvier 2010 à hauteur de 2%, dans le but d’améliorer leur pouvoir d’achat, et de réduire l’effet report
• Une mesure plancher qui doit privilégier les bas salaires avec un niveau mini d’augmentation générale de 55€.
• La revalorisation du salaire plancher.
• Des mesures destinées à améliorer la rémunération des apprentis.
2. Des augmentations Individuelles à hauteur de 2% de la masse salariale.
• En complément des AG, afin de reconnaître l’investissement individuel et les évolutions de compétences et de connaissances de chaque salarié, nous revendiquons un niveau garanti d’AI fixé à 3% du salaire de base, avec un talon à 55€ et des critères d’attribution clairs et négociés.
• La CFDT revendique une distribution semestrielle des AI pour toutes les catégories de salariés.
3. Des mesures spécifiques avec 1% de la masse salariale.
• Un budget permettant de lisser les distorsions de rémunérations des jeunes embauchés cadres et non cadres, induites par les différentes politiques de recrutement des dernières années.
• Un budget pour assurer les augmentations individuelles liées aux promotions.
• La reconduite du complément de rémunération, pour les salariés promus au niveau IV échelon 2 (coef. 270) afin de prendre en compte les cotisations salariales supplémentaires.
• Pour les Non Cadres, une revalorisation progressive et supérieure aux seules Augmentations Générales de la valeur du point sur une période pluriannuelle n’excédant pas 5 ans, afin d’éviter un tassement des salaires mini pour les coefficients inférieur à 255 points, actuellement dépassés largement par le salaire plancher.
• Pour les Cadres, le décollement d’au moins 2%, des mini cadres, par rapport à la grille UIMM, et la remise à niveau automatique des forfaits inférieurs à cette grille ainsi calculée.
III. Des mesures Hors Politique Salariale.
• Des mesures plus significatives doivent être mises en œuvre dans le cadre de "l’Egalité de rémunération Hommes/Femmes", pour supprimer l’écart salarial encore trop important, afin de contribuer à la réalisation des objectifs fixés par la législation dans ce domaine avant fin 2010.
IV. Mesures exceptionnelles :
La CFDT revendique la ré-évaluation des indemnités et primes suivantes :
• Indemnités d’astreinte technique ("Technical Standby") et chantiers et assistance technique ("Working Parties et Technical Assistance") : la CFDT demande à ce que soit évaluée et compensée l’érosion subie par ces grilles depuis l’accord de 2005 instaurant leur indexation sur la valeur du point non-cadre, et la CFDT demande le changement de leur indexation sur l’évolution du minima de rémunération cadre indice 100.
• Réévaluation des indemnités de transports des salariés utilisant leur propre véhicule pour effectuer quotidiennement le trajet domicile - entreprise.
• Prise en charge à 100% du prix des titres de transport pour les utilisateurs de transport en commun.
• Réévaluation des primes liées au poste de travail, tel que prime d’incommodité, prime de salissure et prime spéciale.
• Indemnités de déplacements prenant en compte l’augmentation du coût de la vie.
• Calcul harmonisé de la prime d’ancienneté, avec un plafond fixé à 20% pour tous les salariés (non cadres et cadres).
• Suppression du remboursement de l’indemnité différentielle pour les cadres I à IIIB.
V. Mesures sociales
• L’harmonisation par le haut des statuts « Cadres et Non Cadres » (congés d’ancienneté, congés maladie, etc.) d’autant qu’aujourd’hui, la jurisprudence du 01.07.2009 recommande l’égalité de traitement entre ces deux catégories de salariés.
• Conformément à l’accord sur la seconde partie de carrière du 20 novembre 2009 la CFDT revendique des mesures qui permettent une meilleures prise en compte les performances individuelles, l’expérience et les qualifications professionnelles des salariés âgés de 50 ans et plus pour leur assurer une progression de carrière à la mesure de leurs résultats professionnels.
• La prise en compte de la pénibilité et la santé au travail par des mesures telles que l’amélioration des conditions de travail et des départs anticipés.
• La problématique du volume des jours épargnés sur les comptes individuels sera accentuée par la clôture du dispositif ATC : les salariés n’ayant pas eu recours à l’ATC verront leur CET crédité du solde des jours de congés bloqués. En conséquence, la CFDT estime qu’il est indispensable que la Direction fournisse aux organisations syndicales des statistiques (par catégorie, par secteur, par établissement…) afin de permettre à tous les partenaires sociaux d’aborder ce problème en connaissance de cause.
• L’octroi d’un jour supplémentaire pour chaque jour férié tombant un samedi (sans pour autant avoir été en congé la semaine) comme à EADS France.
En souhaitant que nos revendications retiennent toute votre attention, Nous vous prions d’agréer, Messieurs les Directeurs, l’expression de nos sentiments respectueux.
Pour I’Inter CFDT AIRBUS
Le Délégué Syndical Central Pierre-Henri COAT
Pour la CFDT AIRBUS Central
Le Délégué Syndical Jean-Pierre GOMEZ