BILLET D’HUMEUR
Lundi 5 octobre 2009 // EN BREF
En cette période de crise, que tout le monde pensait placée sous le signe d’un gel des embauches, c’est avec satisfaction que la CFDT voit l’arrivée de nouveaux salariés dans notre établissement Bien évidemment, la CFDT s’en félicite, en constatant cependant leur stricte appartenance à la catégorie dite des « cols blancs ».
Faut-il comprendre que les « cols bleus » sont actuellement suffisamment nombreux sur les chaînes d’assemblages ?
• Face aux défis industriels que représentent la montée en cadence de l’A380, la reprise à venir du programme A400M et l’arrivée du futur A350, - dont il faudra bien honorer les commandes historiques - , la décroissance régulière des effectifs depuis près de deux ans et la faiblesse, notamment, du nombre de « cols bleus » dans les ateliers deviennent fortement préoccupante !
Comment l’entreprise envisage-t-elle le maintien des compétences et des savoir-faire ?
Le fait que les apprentis AIRBUS, par exemple, ne se soient vus proposer que des contrats d’intérim ou à durée déterminée n’est pas non plus de nature à rassurer sur les capacités futures de l’entreprise à assumer les enjeux auxquels elle est confrontée !
Au regard de leurs conditions de travail dégradées dues, en partie, à ce manque d’effectifs sur les chaînes d’assemblage, les salariés ne comprennent pas le gel des embauches dites « cols bleus ». Ils ont depuis longtemps déjà le sentiment désagréable d’être de moins en moins nombreux à supporter le poids toujours plus important des charges de travail, quitte, pour la hiérarchie, à s’appuyer trop facilement sur le travail du samedi. Les embauches exclusives de « cols blancs » enfoncent le clou et renforcent encore leur désarroi. Dans ces conditions, sur l’A320, l’application du Lean est perçue comme un facteur aggravant. Les compagnons y perçoivent très clairement un prétexte destiné essentiellement à faire plus avec des effectifs moindres ! Ceci ne fait qu’exacerber chez les « cols bleus » le sentiment d’être aujourd’hui les sacrifiés des plans d’économie d’AIRBUS.
Et les effets de ROC dans tout ça ?
• En second lieu, la CFDT constate une incohérence dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences de l’Entreprise. Hier, AIRBUS se séparait d’ « overheads », aujourd’hui AIRBUS embauche des « cols blancs ». Où est la logique ? Cela fait désordre !
Ces deux points reflètent les conséquences logiques de réorganisations « hasardeuses » et au final, fortement préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise.
La CFDT estime qu’il existe des manières d’agir plus efficaces pour restaurer la confiance des salariés, laquelle est indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise.
Il appartient à la Direction d’apporter des signes forts aux personnels, en autorisant enfin dans notre établissement l’embauche de « cols bleus » à la hauteur des charges à venir.