FEVRIER 2010

Vendredi 12 mars 2010 // COMPTES-RENDUS DES DP

Métallurgie : 5% de différence salariale purement sexiste

Dans la métallurgie, un accord de branche de 2007 permit deux études : l’une qualitative sur les freins à la mixité et à l’intégration des femmes, l’autre quantitative sur les écarts de rémunération liés aux qualifications, progressions de carrière, métiers, âges, anciennetés, tailles d’entreprise… Les résultats de ces études sont édifiants. L’écart moyen entre la rémunération des hommes et celle des femmes y est de 21 %. Il s’explique en grande partie par la progression de carrière moins importante des femmes (en lien avec la parentalité), l’âge, le type de fonction… Cependant si l’on annule (par une méthode mathématique) l’effet de tous ces paramètres, il subsiste tout de même une discrimination salariale de 5 % d’écart de salaire en moyenne, cette discrimination pouvant être aisément qualifiée de purement sexiste. Notons qu’au regard des augmentations annuelles obtenues en entreprise, cela représente pour les femmes plusieurs années de retard d’augmentations de salaire. Le plus grave est que ces discriminations salariales entre hommes et femmes s’amplifient très largement à la retraite puisque si le niveau moyen des pensions est de 1 288 €, il est de 1 600 € pour les hommes contre seulement 1 000 € pour les femmes.

Voilà pourquoi les partenaires sociaux de la métallurgie ont négocié en 2009 un avenant à l’accord de branche nommé : « Avenant relatif à l’égalité professionnelle et aux mesures permettant la suppression des écarts de rémunérations entre les femmes et les hommes ». Cet avenant entend, entre autres, donner une base à la négociation d’entreprise grâce à des enveloppes d’augmentations réservées aux femmes pour supprimer les écarts salariaux, à un guide de bonnes pratiques, à la modification de l’image sexuée des métiers de la métallurgie dans les manuels scolaires. Il a été signé par CFDT, CFTC, CGC et FO. La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) semble très intéressée par cette façon d’aborder cette thématique.

Pour la FGMM-CFDT, cet accord de branche ne pourra donner ses pleins résultats que si les équipes syndicales et les Directions d’entreprise s’emparent réellement du sujet. La réussite dépendra également de notre capacité à convaincre les salariés de créer le nécessaire rapport de force à toute négociation. En cette période de crise, les femmes sont particulièrement touchées, les négociations en entreprise doivent être une priorité notamment pour favoriser des embauches féminines.