LE MOT DU SECRETAIRE

Mardi 2 février 2010 // VOEUX

En cette nouvelle année 2010, je tenais à vous présenter mes vœux les plus sincères. Toute la section syndicale CFDT d’Airbus se joint à moi pour vous souhaiter une bonne année 2010 et une bonne santé, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers.

Cette année 2010 s’annonce difficile : certes, dans ce contexte de crise économique et financière mondiale, Airbus n’a pas, pour l’instant, subi un nombre trop important d’annulations de commandes (Airbus Operations SAS commence même bien l’année, avec la vingtaine d’appareils Single Aisle commandés le 5 janvier par Turkish Airlines). Certes, notre carnet de commandes reste bien fourni, nous assurant à lui seul environ 6 années de travail. Certes, nous avons livré 498 appareils en 2009 et pratiquement achevé la construction des nouveaux bâtiments consacrés à l’A350. Certes.

Pour autant, les incertitudes liées au développement actuel de l’A350, les problématiques d’industrialisation de l’A380, les difficultés récurrentes que nous éprouvons à négocier pour l’A400M un contrat qui soit acceptable tant par Airbus que par les 7 pays clients, ainsi que les retards accumulés par ces programmes continuent de plomber le moral des salariés.

Ce sont ces défis que nous allons devoir affronter, tout autant que ceux liés à l’amélioration de la qualité de vie au travail. Deux enquêtes, - Gallup et QVT -, ont en effet montré de manière éclatante (en était-il d’ailleurs besoin ?) combien la motivation des salariés était atteinte et ce, malgré leur réelle implication au travail. Or, Il serait dangereux de sous-estimer cette profonde démotivation, sans doute largement alimentée par les affaires de délit d’initiés (Récemment, tous nos dirigeants EADS ont « heureusement » été blanchis !), les externalisations, l’épisode douloureux de la filialisation d’Aérolia, et bien entendu, nos difficultés industrielles récurrentes sur des programmes qui représentent l’avenir de notre société. En effet, à l’heure où les actionnaires font la pluie et le beau temps dans le paysage industriel, il ne faudrait pas oublier (notamment dans la politique salariale à venir) que ce sont les avionneurs qui font les avions, c’est-à-dire les salariés.

Les salariés sont détenteurs des savoir-faire et des compétences qui nous ont amené à faire jeu égal avec notre concurrent Boeing.

Les salariés sont détenteurs des savoir-faire et des compétences qui, demain, nous positionneront favorablement sur l’échiquier économique.

Les salariés doivent pouvoir croire en une politique industrielle claire, avec des objectifs d’embauche réellement à la hauteur des enjeux à venir, qui préserve savoir-faire et compétences et définisse enfin des objectifs accessibles et réalistes en terme de délais, de coûts, de faisabilité…

Et puis, 2010 sera également une année d’élections professionnelles. Avec, cette année, une particularité de taille : l’application des nouvelles règles de représentativité. Pour la première fois, les organisations syndicales ne seront habilitées à négocier et signer des accords qu’à la seule condition d’atteindre au moins 10% aux élections. Ce qui laisse entrevoir une belle bataille en perspective ! En effet, il y a fort à parier que tous les coups (électoralistes) seront permis puisque ceux qui ne parviendront pas à ce seuil des 10% seront amenés à disparaître !

Les autres organisations syndicales, seules, pourront négocier et signer des accords !

Pour cette nouvelle année, je formule personnellement le vœu que la vieille habitude de notre entreprise qui, depuis longtemps déjà, voit dominer outrageusement une seule organisation syndicale cède enfin la place à de nouvelles pratiques, plus démocratiques et laisse enfin la parole à un véritable dialogue social !

Sans doute avons-nous là, et ce, pour la première fois, l’occasion de remettre enfin de l’ordre à Airbus en terme de fonctionnement syndical : ce sont les salariés qui seront les grands gagnants de ces élections, pour peu qu’ils prennent leurs responsabilités, c’est-à-dire en votant selon leur seule conscience et non pas comme d’autres, dans notre entreprise, souhaiteraient qu’ils votent !

Le Secrétaire de Section CFDT

Ludovic Martineau